
Diastasis : pathologie et traitement
Diastasis : définition
Couramment appelé « abdominaux », le muscle droit est constitué de deux bandes musculaires parallèles et localisées de part et d’autre de la ligne médiane de l’abdomen (« ligne blanche »). Il joue différents rôles : aide à l’expiration, protection des viscères et flexion du tronc. Le diastasis, ou « diastasis recti », correspond à un écartement anormal (1 à 10 centimètres, parfois davantage) des deux bandes musculaires constitutives du muscle droit.
Causes
Les nouveau-nés, notamment prématurés, peuvent présenter un diastasis par manque de développement des muscles abdominaux. Chez l’adulte, la cause la plus fréquente du diastasis tient en des grossesses multiples. Les variations pondérales importantes et l’obésité abdominale font aussi partie des causes possibles du diastasis. Par ailleurs, cette affection est parfois due à l’exercice d’une activité professionnelle qui implique le port répété de charges lourdes et le vieillissement joue aussi un rôle dans son apparition.
Symptômes et diagnostic du diastasis
Dans la majorité des cas, le diastasis se manifeste par un abdomen rond et distendu, même en l’absence d’obésité ou de surpoids. Chez certains patients, ce gonflement est surtout observable au cours d’un effort et tend à se résorber au repos. De plus, le diastasis s’accompagne parfois de douleurs lombaires ou pelviennes, alors qu’un bilan d’imagerie médicale de ces zones paraît normal. Certains des individus atteints se plaignent aussi de troubles digestifs, en particulier de la constipation et des ballonnements. Enfin, chez d’autres sujets, cette affection coexiste avec une hernie ombilicale.
Le diastasis est principalement diagnostiqué au cours d’un examen clinique. Si nécessaire, des analyses d’imagerie médicale (radiologie, échographie ou scanner) peuvent être demandées pour confirmer le diagnostic.
Diastasis : quelle évolution possible ?
C’est le plus souvent la gêne sociale qu’engendre cette affection qui pousse les patients à consulter et les complications d’un diastasis non traité sont rares. C’est cet aspect purement esthétique qui explique que, sauf s’il s’accompagne d’un tablier abdominal ou d’une hernie ombilicale, son traitement chirurgical ne soit pas pris en charge par l’Assurance Maladie. Néanmoins, selon certaines études, le diastasis pourrait être un facteur de trouble pelvi-périnéaux comme l’incontinence urinaire ou la descente d’organes (prolapsus génital).
Traitement du diastasis
Sans parler de traitement proprement dit, la pratique régulière d’exercices physiques pour renforcer la sangle abdominale et le respect d’un régime alimentaire équilibré sont des facteurs de prévention non négligeables.
Par ailleurs, chez les femmes qui viennent d’accoucher, des séances de rééducation abdominale, en parallèle de la rééducation périnéale classique, peuvent aider de manière très significative à la résolution de ce trouble.
Néanmoins, lorsqu’il persiste, la chirurgie est le seul traitement véritable du diastasis. Pour assurer la qualité et la pérennité du résultat, il est important que l’intervention soit réalisée sur un patient au poids stabilisé, sans projets de variations pondérales conséquentes. Pour les mêmes raisons, les femmes qui envisagent des grossesses futures devraient repousser l’opération.
La chirurgie mini invasive est la plus souvent pratiquée, coelioscopie, à trocart unique, ou robotique.
La cure de diastasis est un geste chirurgical qui dure environ 2 heures et a lieu sous anesthésie générale. Le principe de base de l’intervention est de procéder à une suture des deux bandes musculaires constitutives du muscle grand droit, pour les rapprocher l’une de l’autre. Ce geste s’accompagne assez souvent d’une lipoaspiration, afin d’éliminer certains amas graisseux localisés, ainsi que de la résection d’excès cutanés.
Après l’intervention
Selon les cas, il faut prévoir de 1 à 3 nuits d’hospitalisation. Les douleurs post-opératoires sont modérées et s’estompent classiquement en quelques jours. Elles sont souvent prises en charge dès la fin de l’intervention, en pratiquant une anesthésie de la paroi abdominale puis, ensuite, par la prise d’antalgiques post-opératoires. Par ailleurs, il est assez classique que des ecchymoses et un œdème subsistent pendant quelques semaines au niveau de la zone opérée. De plus, des troubles de la sensibilité sont parfois rapportés au niveau de la cicatrice. Ils sont généralement temporaires et se résorbent en quelques mois.
Après l’intervention, un vêtement de contention abdominale doit être porté pendant 1 mois ½ à 3 mois et des séances de kinésithérapie sont conseillées pour favoriser la récupération musculaire. Lorsque le traitement est pris en charge par l’Assurance Maladie, un arrêt de travail peut être prescrit. Dans le cas contraire, il faut néanmoins prévoir une phase de repos de 2 ou 3 semaines, parfois davantage si le métier exercé implique le port de charges lourdes.
La marche est possible dès le lendemain de l’intervention, mais la reprise des autres activités physiques nécessite d’attendre davantage : en moyenne, les patients retrouvent une vie complètement normale en 3 mois, sport inclus.
Le résultat définitif du traitement ne peut être constaté que 6 mois plus tard. Il est généralement bon : les bandes musculaires constitutives du grand droit sont bien accolées l’une à l’autre et l’abdomen retrouve un aspect ferme et tonique. Pour sa part, la cicatrice, localisée dans les sous-vêtements, ne prend son aspect définitif qu’au bout d’un an. Avant ça, pour la rendre la plus discrète possible, il convient de la protéger des rayons du soleil et de la masser fréquemment avec une crème adaptée.
Les complications de la cure de diastasis sont rares. Néanmoins, comme pour tout acte chirurgical, certaines peuvent survenir, parfois liées à l’anesthésie ou, en post-opératoire, d’ordre infectieux ou cicatriciel. Les récidives sont relativement peu fréquentes, en particulier si le patient fait l’effort de maintenir le poids qu’il avait au moment du traitement. Elles se produisent pourtant parfois et peuvent alors être prises en charge au cours d’une intervention secondaire.
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