
Sinus pilonidal : pathologie et traitement
Sinus pilonidal : définition
On appelle « kyste pilonidal » ou « sinus pilonidal » une cavité apparue sous la peau après pénétration de poils dans le derme. Cette affection est le plus souvent observée au niveau du sillon inter-fessier où l’entrée des poils se fait au travers d’une petite fossette présente chez certains sujets. La localisation la plus fréquente est la zone ou le sacrum et le coccyx se rejoignent (région sacro-coccygienne), ce qui explique l’ancienne dénomination de la pathologie : « kyste sacro-coccygien ». L’incidence globale de cette pathologie est de l’ordre de 26 individus pour 100 000, et ce sont surtout les jeunes adultes qui sont touchés, principalement des hommes (75% des cas).
Causes
La cause du sinus pilonidal est la pénétration de poils sous la peau via une fossette du sillon inter-fessier. Leur migration progressive dans les tissus cutanés crée un trajet fistuleux qui part en profondeur et s’étend généralement vers le haut et la gauche du sillon inter-fessier. Les poils qui y sont présents sont alors considérés par l’organisme comme des corps étrangers, ce qui déclenche une réaction inflammatoire, parfois faible ou, dans d’autres cas, se traduisant par un développement infectieux (abcès).
Les facteurs favorisants du sinus pilonidal incluent une pilosité importante, une peau grasse, un Indice de Masse Corporelle supérieur à 25, un sillon inter-fessier profond, une position assise quotidienne trop longue, et des frottements répétés. L’hérédité joue certainement aussi un rôle : avoir dans sa famille des antécédents de sinus pilonidal augmente le risque d’être atteint de cette affection.
Symptômes et diagnostic du sinus pilonidal
Si le sinus pilonidal peut parfois rester asymptomatique du point de vue du patient, d’autres ressentent des démangeaisons, des douleurs, et constatent des écoulements au niveau du sillon inter-fessier ou l’existence d’une tuméfaction rouge et chaude.
Le diagnostic se fait au cours d’un examen clinique qui recherche les symptômes évoqués plus haut, l’existence d’un ou plusieurs orifices (fossettes) dans le sillon inter fessier, et une induration sous la peau. Au cours de cet examen, il importe de faire la différence entre les formes chroniques et les formes aiguës et infectieuses (abcès). En cas de doute, lorsque le sinus pilonidal s’est développé vers le bas à proximité de l’anus, une anuscopie est parfois nécessaire pour écarter la possibilité d’une fistule anale.
Sinus pilonidal : quelle évolution possible ?
L’infection et son élargissement aux tissus avoisinants est le risque principal du sinus pilonidal. Par ailleurs, le développement d’un abcès induit des douleurs importantes et handicapantes au quotidien, puisqu’elles peuvent notamment finir par rendre impossible la position assise.
Traitement du sinus pilonidal
La découverte d’un sinus pilonidal non infecté (pas d’abcès), sans écoulement à la pression et indolore, ne nécessite pas de traitement. Le patient doit simplement être informé que ce kyste risque éventuellement de s’infecter un jour, sans que cela ne soit prévisible ou certain.
Au stade suivant, en cas d’inflammation locale ou d’abcès débutant, ce sont des soins locaux qui doivent être mis en place. Ils incluent des règles d’hygiène et l’application d’un antiseptique local. L’antibiothérapie n’est pas systématique : les mesures énoncées précédemment suffisent souvent à prendre en charge un abcès débutant.
Cependant, en l’absence d’amélioration ou si l’abcès est déjà développé de manière conséquente, son incision est nécessaire mais le kyste en lui-même n’est pas traité. Le but de l’intervention réalisée sur l’abcès formé au niveau d’un kyste pilonidal est d’en évacuer en urgence le pus sous pression, pour soulager la douleur et arrêter la progression de l’infection dans les tissus voisins. Il s’agit d’un acte chirurgical bref (10 minutes environ) et réalisé sous légère anesthésie générale ou anesthésie locale.
Après l’intervention
Le patient peut regagner son domicile dans la journée. Pendant 2 à 4 semaines, des soins locaux minutieux sont nécessaires pour assurer une bonne cicatrisation. Ils sont assurés par un professionnel de santé et peuvent être douloureux les premiers jours, ce qui justifie la prise éventuelle d’antalgiques avant qu’ils ne soient réalisés.
Le traitement chirurgical d’un sinus pilonidal infecté peut donner lieu à un arrêt de travail qui n’excède que rarement 7 jours et les patients traités retrouvent une activité complètement normale au bout de 3 semaines environ.
Après cette intervention, qu’il fallait réaliser en urgence pour prendre en charge l’infection, la prise en charge du kyste pilonidal lui-même peut éventuellement être proposée plus tard, pour éviter une récidive infectieuse et supprimer la gêne chronique.
La chirurgie classique du kyste pilonidal non infecté consiste en son exérèse complète et large par retrait des tissus cutanés et graisseux. La plaie est ensuite généralement laissée ouverte, même si des techniques alternatives sont parfois proposées pour raccourcir la durée des soins infirmiers à moins de 2 mois.
Cependant, des traitements moins invasifs sont parfois envisageables, en particulier au laser, (directement ou après une intervention préparatoire de curetage réalisée 2 mois plus tôt) ou par voie endoscopique.
Votre avis compte
COMMENTAIRES
Laissez votre message sur ce forum public
SPÉCIALITÉ DU DR ASSAF
Une expertise particulière en chirurgie sans cicatrice
Cette technique permet au Docteur Assaf d'effectuer des opérations en n'utilisant qu'une seule incision réduisant ainsi le nombre de cicatrices et améliorant les résultats esthétiques.

0 commentaires